Le thème de cette édition 2012 « Semons la bio – Récoltons la biodiversité » place d’une part le salon  au coeur de l’actualité – de la liberté d’utiliser ses propres semences à la lutte contre les OGM – et propose d’autre part une ouverture sur la diversité de l’agrobiologie – des acteurs aux modes de production.

 

Semons la bio : coup de projecteur sur la loi COV

Aujourd’hui, les semences fermières et paysannes sont un complément indispensable pour sortir des systèmes agronomiques découlant de l’utilisation exclusive des semences industrielles. On le sait, si les critères de l’agriculture conventionnelle sont axés sur le rendement, les critères de la bio diffèrent (robustesse, vigueur, aspect, qualités gustatives..) et la production des semences paysannes reste une solution indispensable pour de nombreux agrobiologistes, valorisant de même leur autonomie.

Actuellement, c’est la loi COV (certificat d’obtention végétale) qui est au centre des discussions. Votée le 28 novembre 2011, elle va étendre l’obligation de payer une nouvelle taxe à 21 espèces (orge, avoine, pois, trèfle, luzerne…), et interdire les semences de fermes pour les autres espèces (cultures intermédiaires, légumes, soja).

A présent le gouvernement doit définir les conditions de paiement par décret. Un mécanisme de CVO (contribution volontaire obligatoire) ou tout autre moyen amènerait à la même réalité : déclarer sa production (semences, culture) ou bien s’acquitter du paiement de royalties. Par ailleurs, une déclaration systématique mettrait en péril les échanges de semences entre agriculteurs, et ainsi la possibilité d’une sélection et d’une conservation.
Les décrets d’application de la loi restent encore à venir mais posent dès à présent un questionnement quant à l’avenir des semences dans la bio.

 

Récoltons la biodiversité : tour d’horizon sur l’agriculture contemporaine

La Terre est notre métier se veut la vitrine de la bio, tant parmi ses acteurs que dans son mode de production :

Parmi une quinzaine de conférence, le salon accueille Marc Dufumier (ingénieur agronome et enseignant-chercheur, auteur de Famine au Sud / Malbouffe au Nord, 2012) qui s’exprimera sur la nécessité d’une refonte de l’agriculture agricole conventionnelle au profit de la bio, perçue comme solution face aux défis de l’évolution de l’agriculture mondiale. Gilles-Eric Séralini présentera une conférence sur les polluants chimiques et les OGM dans l’alimentation. Quatre autres rendez-vous prévus : les conférences de Julien Jouanneau, sur l’installation en maraîchage bio ; de Véronique Chable, sur la sélection participative de semences ; de David Roy, sur la conversion en élevage bovin ; et de Dominique Macé, sur le maïs population, parmi tant d’autres, et notamment sur les semences paysannes.

Pour cette édition, nous agrandissons l’espace démonstration :  en plus des traditionnelles démonstrations  de binage des céréales et de désherbage du maïs, nous aurons une implantation de plusieurs variétés de maïs population, en partenariat avec l’ADAGE, le GAB56 et le GAB29. Seront également implantées plusieurs variétés de blés noirs en partenariat avec l’INRA, ainsi que des variétés de choux et de courges.
Nous lançons un espace agroforesterie qui se mettra en place sur plusieurs années.
La région Poitou-Charentes est mise à l’honneur et nous présentera sa bio.
Le concours Innovabio, concours de la création d’entreprise innovante en bio, est une fois de plus de la partie.
La Terre est notre métier, c’est ainsi trois jours de dialogue, d’action et d’échange.

Cette année, nous « semons la bio » et « récoltons la biodiversité », toujours dans l’esprit d’une agriculture biologique cohérente et durable.