A la voir caresser ses vaches, on remarque rapidement qu’Églantine Touchais a tressé avec elles une relation particulière. Ses vaches, ce sont des Bretonnes Pie Noir. Comme celles qu’il y avait chez ses parents il y a une trentaine d’années. Lorsqu’elle s’est installée en 2003, à la Boussac (35), son choix a été instinctif et s’est tout de suite porté vers cette race-là.  « Je me suis installée sans les aides en 2003, puis je me suis réinstallée avec les aides en 2004. Avec un petit effectif de 6 vaches sur 3 hectares. J’ai ensuite pu récupérer des terres et augmenter mon cheptel », explique Églantine. Aujourd’hui, elle élève 12 vaches sur 15 hectares.

 

Une installation à moindre coût

Son petit effectif, couplé à la rusticité de la race, lui a permis une installation à moindre coût. « Les vaches restent dehors toute l’année, ce qui m’a évité d’investir dans un bâtiment et de me concentrer sur la construction d’une fromagerie ». Ne lui parler surtout pas de laboratoire, terme qu’elle trouve froid et pas très raccord avec son métier.

Cette petite vache, plus petite race bovine française par la taille (1.17 m au garot), était plus adaptée à son système qu’une vache productive. L’éleveuse a en effet choisi de transformer tout son lait à la ferme.  10 à 12 000 litres par an qui deviennent de la tomme, des fromages caillés, des yaourts, du riz au lait, de faisselle et du Gwell, produit emblématique de la Bretonne Pie Noir. « Elle produit un lait de bonne qualité, riche en matière grasse et en matière protéique, ce qui est un atout quand on fait du fromage. L’autre qualité de la  Bretonne Pie Noir, c’est que c’est une race mixte. Ses bonnes qualités bouchères me permettent donc de vendre quelques veaux de lait et mes vaches de réforme en caissette tous les ans », remarque Églantine.

Pour être cohérente avec son système, elle écoule toute sa production en vente directe : marché, Amap  et magasins spécialisés.  Elle travaille avec un restaurateur également. « C’est intéressant à faire s’il y a un retour du cuisinier, un rapport humain. Je l’ai fait avec un grand chef, je livrais mes produits au restaurant, mais je ne le voyais jamais, je n’avais aucun retour, c’est frustrant », résume l’éleveuse.

 

Une implication forte

Son système implique une triple compétence : production, transformation, commercialisation. Une triple casquette, qui demande un fort engagement sur la ferme  « La transformation me prend une demie journée chaque jour si on y inclut la livraison, l’emballage, l’étiquetage. Et puis, quand on fait de la transformation à la ferme, le lait ne peut attendre, il doit être transformé le jour même ou au maximum le lendemain de la traite pour garder sa fraîcheur et ses qualités fromagères ».

Fortement impliquée dans l’Union Bretonne Pie Noir (UBPN), il semblait naturel à Églantine de faire en sorte que cette race qu’elle a connue petite continue à vivre. La vie en réseau est intéressante et permet d’échanger avec des gens passionnés par la race. « On voit des gens différents venir à nous, des porteurs de projets qui veulent directement s’installer avec cette race-là, ou des particuliers qui souhaitent avoir une ou deux vaches pour leur consommation personnelle et qui du coup veulent avoir une belle vache, typique du terroir.»

 

Quid de la reproduction?

Première race française au début du siècle, la Bretonne Pie noir a pâti de l’industrialisation de l’agriculture et d’éleveurs qui lui ont préféré des races plus productives. Comme beaucoup d’éleveurs des races anciennes, Églantine n’échangerait ses vaches pour rien au monde.

Venez découvrir les races locales sur le stand de la Fédération des races de Bretagne.

En partenariat avec la Fédération des Races de Bretagne et en continu, le Samedi et Dimanche : « Dégustation découverte des produits laitiers et carnés des races bretonnes ».

Samedi

13h-14h

Coucou de Rennes : travail du produit, découpe et dégustation
Chef cuisinier : Guillaume Jouan ( Restaurant Le coup de pinceau, Rennes)

16-18h

–  Animation culinaire : « Animation et dégustation autour des produits de la Bretonne Pie Noir »
Chef cuisinier : Vincent Guillemot (restaurant l’Adresse, Cesson-Sévigné)

Dimanche

11h-13h

Animation culinaire « Animation et dégustation autour de l’Armoricaine »
Chef cuisinier : David Etcheverry (Restaurant le Saison)

Plus d’informations sur : www.races-de-bretagne.fr