Lors du lancement du printemps Bio, l’Agence bio a dévoilé les chiffres de l’agriculture biologique en 2013. Principaux constats : une augmentation de la consommation, un fort progrès de la vente directe et une production qui répond au à la demande du marché français

Le secteur de l’agriculture biologique continue de marquer des points auprès des Français. En 2013, les ventes de produits bio pour la consommation à domicile ont progressé de +9% par rapport à 2012. Les Français n’ont jamais été aussi nombreux à consommer bio. D’après la 11e édition du baromètre Agence Bio/CSA, ils sont désormais près d’un sur deux (49%) à consommer bio une fois par mois. Plus d’un quart des Français consomment des produits bio chaque semaine et 9 % tous les jours.

Au total, les consommateurs réguliers (plus d’une fois par mois), représentent 75 % des Français (de plus de 18 ans). Le développement de la consommation des produits bio est une tendance de fond. En 2013, le marché des produits bio représentait un chiffre d’affaires de 4,56 milliards d’euros.

Les ventes sont à la hausse pour l’ensemble des produits, et plus de la moitié des achats se portent sur les produits frais : épicerie (21%), fruits et légumes (16%), lait et produits laitiers (14%), Oeufs (6%). Concernant les circuits de distribution : les taux de croissance les plus élevés ont été enregistrés par la vente directe (+17%), les artisans commerçants (en particulier les cavistes) et les magasins spécialisés organisés en réseau. « Il également très important de souligner la quasi stabilité des prix des produits bio, qui n’ont augmentés que de 1 % entre 2012 et 2013 », souligne Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio. De son côté, Etienne Gangneron, président de l’Agence bio, a insisté sur le fait que « le rythme du développement de la production s’équilibre avec le rythme de croissance du marché, ce qui est une très rassurant pour les agriculteurs ».

+9 de surfaces

Côté production, les surfaces certifiées en bio ont augmenté de 9 % en 2013, pour atteindre 932 000 ha, auxquels il faut ajouter les 130 000 ha en conversion. Si on additionne ces chiffres, on atteint 1 061 568 ha de surfaces, soit 3,93% de la SAU nationale pour une filière qui regroupe désormais 25 467 producteurs et plus de 12 400 opérateurs aval. Entre 2007 et 2013, le nombre de fermes a augmenté de 113% et celui des surfaces de 91%. Néanmoins si les surface augmentent, l’évolution des cheptels est plus contrastée, car si l’élevage de ruminants continue de progresser (+ 3% de bovins, 1% de brebis, + 5% de chèvres), l’élevage de monogastriques, connaît un léger recul (-8% des truies, -5% des poulets de chair, -3% des poules pondeuses).

La moitié des surfaces bio françaises sont situées dans 5 régions : Midi-Pyrénées (130 935 ha), Pays de la Loire (108 437 ha), Languedoc-Roussillon (98 343 ha), Rhône Alpes (97 217 ha) et Provence Alpes Côtes d’Azur ( 91 959 ha). La Bretagne arrive en 6e position avec 66 752 ha engagés en bio et conversion (4,6% de la SAU, +4% par rapport à 2012). Au nombre de producteurs, elle se classe en 7e position française avec 1848 producteurs bio (+ 4,1 % par rapport à 2012) : 500 dans le Finistère (15 044 ha), 465 dans les Côtes d’Armor (15 925 ha), 455 en Ille-et-Vilaine (19 433 ha), 428 dans le Morbihan (16 350 ha). L’analyse régionale de l’Agence Bio fait ressortir une progression générale du nombre de producteurs, même si le surfaces reculent dans certaines régions (Nord Pas de Calais et Corse), ce qui se traduit par l’engagement de fermes plus petites (maraîchage, PPAM…).

Présents avec Ségolène Royale pour le lancement du Printemps Bio, Stéphane Le Foll a précisé que 160 millions d’euros par an étaient dédiés au plan Ambition Bio 2017 (qui prévoit le doublement des surfaces d’ici 2017). Il a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas contraindre les exploitations à passer en bio mais montrer qu’il y avait une dynamique positive. « La priorité pour développer l’agriculture bio sera de travailler sur l’approvisionnement en bio des restaurants collectifs des hôpitaux ». Reste à ce que ces paroles soient suivies d’actes.