Il sillonne actuellement le Royaume-Uni pour une série de conférences. Un an après la parution de son étude sur les effets toxiques du maïs OGM NK803 et du Round up et la violente controverse qu’elle a soulevée, Gilles-Eric Séralini poursuit son travail de chercheur. Alors que les résultats de l’étude ont lentement déserté l’avant-scène médiatique, le chercheur revient à Guichen le vendredi 11 octobre prochain*.

« Nous avons (…) observé que les analyses de sang et d’urine de nos rats traités (avec cet OGM dit NK603, et avec le Roundup, à des doses comparables à celles présentes dans l’eau du robinet (…)) étaient anormales », rappelle Gilles-Eric Séralini dans le droit de réponse de la nouvelle édition de son ouvrage Tous cobayes !, paru chez Flammarion. Il y a un an, le professeur de biologie moléculaire avait fait salle comble à La Terre est notre métier.
A l’époque, les organisateurs de ce salon professionnel de la bio ne se doutaient pas que son intervention coïnciderait avec la sortie, le 19 septembre, de son étude dans le magazine américain Food and Chemical Toxicology. Une étude qui a eu l’effet d’une bombe dans le monde scientifique et sanitaire.

Des résultats inédits et alarmants

« Nous avons découvert, prouvé et expliqué la toxicité d’un OGM et du pesticide le plus utilisé au monde, en menant l’expérience la plus longue et la plus détaillée jamais faite (…). (…) Je n’aurais jamais imaginé être si violemment et subjectivement mis en cause par les pro-OGM, ni soutenu et encouragé par le grand public. J’ai consacré cinq années de ma vie à ce travail, et il a été publié dans Food and Chemical Toxicology (…). Il a en outre été évalué par des chercheurs du monde entier », relate le professeur dans ce même droit de réponse. « Sans l’aide juridique et le soutien indéfectible de mon association, le CRIIGEN, j’aurais tout simplement été mis au rancart, comme certains autres lanceurs d’alertes », poursuit-il.

Soutenu dans la tourmente

Dans la foulée des attaques qui se sont déchaînées autour des résultats et protocoles de l’étude, Gilles-Eric Séralini a reçu le soutien de près de 200 chercheurs, « de 33 pays sur les cinq continents », insiste-t-il. Par ailleurs, 140 scientifiques français ont pris leurs distances avec les six académies savantes** qui, dans un communiqué, interrogeaient alors l’intégrité intellectuelle et scientifique du chercheur.
Côté institutions, l’agence de sécurité française « a admis qu’il fallait réaliser une étude à long terme. La Russie (…) en met déjà une en place. L’Inde et les États-Unis mènent des campagnes pour l’étiquetage des OGM », relève le professeur. Une avancée timide mais réelle sur les chemins de l’évaluation à long terme et de la transparence. A suivre donc.

Pour en savoir plus sur la poursuite des travaux de Gilles Eric Séralini, rendez-vous le vendredi 11 octobre à Guichen, de 15h30 à 17h, dans la salle de Spectacle. Réservations sur www.salonbio.fr

V.J.
Publié le 6 septembre 2013

* Conférence : OGM. Tous cobayes – 15h30/17h00 Salle de spectacle
**Académies d’agriculture de France, Académie nationale de médecine, Académie nationale de pharmacie, Académie des sciences, Académie des technologies et Académie vétérinaire de France.