Parmi les officiels présents lors de l’inauguration de La Terre est notre métier, on comptait cette année François Thierry, président de l’Agence bio. Il nous a livré ses impressions sur le salon.

 

En quoi La Terre est notre métier est devenu un rendez-vous incontournable de l’agriculture bio ?

Il est indispensable parce qu’il y a déjà onze ans d’histoire derrière ce salon. C’est déjà un gage de qualité. Je pense qu’on a besoin de lieu comme ça, de rencontre, où les gens qui sont en bio se réassurent de l’intérêt de ce qu’ils font, où ils rencontrent d’autres agriculteurs et vont chercher d’autres techniques. Dans le même temps, les agriculteurs conventionnels peuvent approcher la bio par une entrée technique accrocheuse.

 

C’était la première fois que vous venez au salon La Terre est notre métier et vous venez en compagnie de la directrice de l’Agence bio. Pourquoi l’Agence bio est-elle venue à Guichen cette année ?

Il me semblait important de participer. La Terre est notre métier prend une dimension nationale dans son impact, par forcément encore dans l’origine de ses visiteurs, mais dans son impact. C’est important que l’Agence bio dise l’intérêt qu’elle porte à ce genre de manifestation. C’est une reconnaissance importante.

 

Ce salon pourrait-il avoir un rôle de vitrine pour la bio en France ?

Il peut y avoir une reconnaissance. Dans l’extension, la multiplication de la Terre est notre métier ça serait vraiment quelque chose de très bien. Il existe dans chaque région des salons, qu’ils aient une dimension consommation ou agriculture, mais de donner ce côté très pro, important, ça permet de faire avancer l’ensemble de la bio. Il y a un intérêt majeur à des salons comme celui-ci.

 

C’est là votre regard de président de l’Agence bio. Quel est votre regard de paysan bio ?

Je n’ai pas eu le temps de tout voir, mais ce qui m’intéresse en tant que paysan, c’est de voir comment l’agriculture biologique va se renouveler, perdurer. Et je pense que l’espace agroforesterie est une bonne chose car c’est un élément à intégrer dans le développement futur de la bio. Il y a aussi des choses sur les énergies renouvelables. Je vois des choses intéressantes. Il y a des innovations intéressantes, mais il ne faut cependant pas perdre de vue qu’il faut que ça soit lié à ce que ça représente pour l’intérêt des paysans. Les paysans ont cette fâcheuse tendance, peut-être un peu moins les bios mais tout de même un peu, à juste se valoriser au travers de l’innovation. L’innovation, il faut aussi que ça porte dans le temps de travail ou le temps libre. Il y a beaucoup de qualité qu’il faut chercher au travers de l’innovation, notamment la qualité de vie.

 

Comment voyez-vous l’avenir de l’agriculture biologique ?

On a une vraie dynamique sur la bio. On avait tendance à entendre que la bio allait s’écrouler et ne pas passer le cap de la crise. Or, on voit que c’est un marché qui continue à croître et à se structurer. La volonté des paysans, des opérateurs, des distributeurs, transformateurs, continue à aller dans le sens de la bio. On est toujours sur un rythme soutenu de plus de 10% de progression, avec la certitude que la bio n’arrêtera pas sa progression. Après le gros boum des années passées on n’est plus sur un rythme de progression des importations, on est davantage sur un marché de proximité et pour nous c’était important d’approcher au moins l’autosuffisance dans les produits  bio. Après, il y aura toujours des importations sur les bananes ou les ananas, c’est évident. Mais globalement, les grandes filières sont de moins en moins importatrices, c’est un point important. Dans ce bon panorama, il reste un problème avec la filière céréalière, qui ne se développe pas suffisamment et c’est un vrai problème pour les filières animales, qui en consomme de grosses quantités. Je pense que c’est sur ce point que nous devrons concentrer nos efforts à l’avenir.

 

Propos recueillis par Antoine Besnard, chargé de communication de la FRAB

Photo : Matthieu Chanel, Agrobio 35