Le projet maïs POP* développe un réseau régional de sélection participative pour expérimenter et promouvoir la diversité du maïs «population» en Bretagne. En 2012, 32 paysans bretons se sont impliqués dans l’expérimentation. Ils ont mené des observations sur 10 variétés de maïs populations. Ces variétés sont testées depuis plusieurs années déjà dans le Périgord et depuis 2010 chez les adhérents du CIVAM Adage 35. L’enjeu est de savoir si elles seront capables de s’adapter au climat breton.

La création d’un référentiel de variétés de maïs population en Bretagne sous-entend qu’il existe des tendances générales, pour quelques éléments descriptifs des variétés, et qui permettent de les caractériser. C’est par exemple l’occasion de vérifier si les maïs population de Bretagne présentent des taux de protéines supérieurs aux maïs hybrides, comme pour les maïs population d’AgroBio Périgord. Il s’agit aussi de déterminer comment ces caractéristiques sont influencées par différents facteurs (contexte pédoclimatique et pratiques des paysans notamment) et comment elles évoluent dans le temps.

Le protocole

Afin de mesurer l’adaptation des maïs population au terroir breton en deux ans et sur une même ferme, les paysans ont été invités à semer en 2013 les grains qu’ils ont récoltés en 2012.

En 2012, chaque paysan a choisi ses semences selon ses propres critères et sur la base des références déjà constituées par Agrobio Périgord. La surface minimale à semer pour maintenir une diversité suffisante a été estimée à 1000 m2. Un isolement de 300m avec les autres parcelles de maïs est préconisé, pour limiter les pollinisations croisées.

Les paysans impliqués réalisent eux-mêmes la récolte manuelle d’au moins 600 épis sélectionnés pour la semence (des formations à la sélection massale sont organisées dans ce cadre). Comme les paysans sélectionnent les épis selon leurs propres critères, ils peuvent, au fil des années, façonner les variétés qu’ils utilisent selon leurs objectifs et les observations qu’ils ont réalisées sur leur ferme.

Le séchage et le stockage du maïs après la récolte sont importants pour assurer une conservation dans de bonnes conditions et maintenir un taux de germination élevé. Les conditions météorologiques de 2012 et le manque de maturité de certains maïs ont favorisé le développement de moisissures sur les grains.

Par ailleurs, une vitrine variétale a été réalisée en 2012 chez un producteur d’Ille-et-Vilaine (Montours). Elle a permis de comparer 12 variétés différentes sur une même parcelle. D’après les expérimentations menées dans d’autres régions, l’adaptation semble très rapide et la question se pose même de renommer les variétés au bout de deux ans.

Résultats 2012

34 parcelles ont été semées en 2012, sur 32 fermes. 9 parcelles n’ont pas pu être récoltées et analysées pour diverses raisons : attaques d’oiseaux sur les semis, parcelles inondées et défaut de maturité des plantes. Les conditions météorologiques ont été particulièrement difficiles fin 2012. Au total, 25 suivis complets d’essais, 25 analyses grains et 3 analyses fourrages ont été réalisées en 2012.

Conclusion :

A ce stade du projet, on peut affirmer qu’une dynamique pluri-acteurs a émergé autour du maïs population et de son expérimentation en Bretagne. Plus d’une trentaine de paysans sont investis dans les essais de variétés population de maïs en Bretagne et des outils ont été mis au point pour suivre plus finement les résultats de ces essais : protocole, conventions, feuilles de suivi. Les vitrines variétales constituées chez un paysan à Montours (35) et au salon La Terre est Notre Métier ont été de très bons supports de communication et de comparaison entre variétés.

Les conditions climatiques particulièrement difficiles fin 2012-début 2013 ont impactées les conditions de récolte des grains et leur conservation (développement de fusariose). Le stockage des grains, mais aussi leur sélection en termes de précocité restent deux enjeux clés à travailler. Pour la suite, des analyses ensilages seraient à développer autant que possible, mais elles nécessitent une logistique particulière. Il serait aussi intéressant d’avoir une idée des rendements des maïs testés, pour convertir ces résultats en UFL ou MAT/ha par exemple.

De nombreux autres groupes de producteurs travaillent sur les maïs population en France (Agrobio Périgord, CAB des Pays de la Loire, CIVAM44…) et la mutualisation entre groupes semble également essentielle.

*financement ASOSC (Appropriation SOciale des SCiences), du Conseil Régional de Bretagne

 Par Goulven Maréchal (FRAB) et Emma Forst (INRA SAD-Paysage)

 11 variétés de maïs populations mis en essai en Bretagne dans le cadre du programme régional ASOSC en partenariat avec la FRAB, l’Adage et l’INRA (en comparaison avec une variété hybride).

 

Venez découvrir les variétés de maïs population sur le pôle démonstration et techniques, samedi 12 octobre à 17h00.